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Guide fiscal · Mis à jour 2026

Taxe foncière : calcul,
hausses et exonérations 2026

La taxe foncière est l'une des charges les plus lourdes du propriétaire bailleur. En dix ans, elle a augmenté en moyenne de 30 % dans les grandes villes françaises. Ce guide explique comment elle est calculée, pourquoi elle flambe, comment récupérer la TEOM sur votre locataire et quelles exonérations vous pouvez revendiquer.

+7,1 %

Revalorisation nationale des bases 2024

50 %

Abattement forfaitaire sur la VLC

TEOM

Récupérable intégralement sur le locataire

2 ans

Exonération logement neuf (taxe foncière)

Section 1

Comment est calculée la taxe foncière ?

La taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) est due chaque année par le propriétaire au 1er janvier. Son calcul repose sur une base d'imposition déterminée par l'administration fiscale, à laquelle est appliqué un taux voté par les collectivités locales.

La formule de calcul

Taxe foncière = (VLC × 50 %) × Taux global des collectivités

VLC — Valeur Locative Cadastrale

Loyer annuel théorique qu'un bien pourrait rapporter en tant que résidence principale, selon les barèmes définis par l'administration fiscale. Cette valeur est établie par l'État (DGFiP), sans lien avec les loyers réels du marché.

Abattement de 50 %

Un abattement forfaitaire de 50 % est appliqué à la VLC brute pour obtenir la base nette d'imposition. Cet abattement est censé tenir compte des charges de propriété (entretien, assurance, dépenses de gestion).

Taux global des collectivités

Le taux est voté chaque année par la commune et l'EPCI (intercommunalité). Il s'ajoute à la part départementale (supprimée depuis 2021 et intégrée dans les ressources des communes). Ce taux varie considérablement d'une ville à l'autre.

Comment est fixée la VLC ?

La valeur locative cadastrale est calculée par la DGFiP à partir d'une grille tarifaire dont les bases remontent à 1970 (révisées fictivement en 1990 sans jamais être totalement actualisées). Elle est donc déconnectée des valeurs de marché actuelles.

Concrètement, chaque bien se voit attribuer une surface pondérée, elle-même multipliée par un tarif au m² déterminé par catégorie de logement et par localisation. Des correctifs (état d'entretien, équipements) peuvent majorer ou minorer cette valeur.

  • Surface pondérée : surface réelle corrigée selon la nature des pièces (pièces de vie, cuisine, sanitaires, dépendances).
  • Tarif d'évaluation : fixé par catégorie (1 à 8 pour les logements ordinaires) et par commune.
  • Correctifs d'ensemble : coefficients d'entretien (0,8 à 1,2), de situation (0,9 à 1,1), et spéciaux.

Les taux communaux : des écarts considérables

Le taux de taxe foncière voté par les communes est le principal facteur de variation d'une ville à l'autre. Pour un même bien, la facture peut être deux à trois fois plus élevée selon la commune.

Paris 13,5 %

L'un des taux les plus bas de France

Marseille 38,6 %

Parmi les plus élevés des grandes villes

Lyon 19,2 %

Taux modéré en grande métropole

Bordeaux 34,8 %

Forte hausse depuis 2022

Grenoble 42,0 %

Un des taux les plus élevés

Rennes 21,6 %

Taux stable depuis plusieurs années

Taux 2024 de la part communale + intercommunale. Les taux totaux incluent d'éventuelles taxes spéciales additionnelles.

Exemple de calcul pour un T3 à Lyon

Appartement de 65 m² (T3), situé dans le 6e arrondissement de Lyon, construit en 1975, en bon état d'entretien. VLC brute fictive : 2 400 €/an.

Étape Calcul Résultat
VLC brute Valeur locative cadastrale brute attribuée par la DGFiP 2 400 €/an
Base nette (après abattement 50 %) 2 400 € × 50 % 1 200 €
Part communale + intercommunale (19,2 %) 1 200 € × 19,2 % 230 €
TEOM (taxe ordures ménagères) Calculée séparément, variable selon la commune + 150 € env.
Total taxe foncière + TEOM Montant figurant sur l'avis d'imposition ≈ 380 €/an

Valeurs illustratives. La VLC réelle est consultable sur votre avis d'imposition ou dans votre espace personnel impots.gouv.fr.

Section 2

Pourquoi la taxe foncière augmente-t-elle fortement ?

La taxe foncière a augmenté en moyenne de 20 à 40 % dans les grandes villes françaises entre 2015 et 2024. Cette hausse résulte de deux mécanismes distincts qui se cumulent : la revalorisation automatique des bases par l'État et les votes de hausse de taux par les communes.

1

Revalorisation des bases par l'État

Chaque année, la loi de finances fixe un coefficient de revalorisation des valeurs locatives cadastrales, aligné sur l'inflation (IPC). Cette hausse automatique s'applique à tous les propriétaires sans vote local.

2020 +0,9 % Inflation faible
2021 +0,2 % Inflation quasi nulle
2022 +3,4 % Début de la poussée inflationniste
2023 +7,1 % Pic inflationniste — hausse record
2024 +3,9 % Inflation en décélération
2

Votes locaux de hausse de taux

En parallèle de la revalorisation nationale, de nombreuses communes ont voté des hausses de taux significatives, notamment depuis 2022 pour compenser la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales (qui privait les communes d'une ressource majeure).

Paris +52 % en 2023

Compensation TH + investissements JO

Grenoble +25 % en 2022

Plan de rééquilibrage budgétaire

Bordeaux +16 % en 2023

Transfert de compétences EPCI

Montpellier +11 % en 2022

Financement des transports

Conséquences pour les propriétaires bailleurs

Contrairement à la taxe d'habitation, la taxe foncière ne peut pas être répercutée sur le locataire (sauf la TEOM, voir section 3). Elle réduit directement la rentabilité locative nette et doit être intégrée dans tout calcul de rendement.

Impact sur la rentabilité nette

Une taxe foncière de 1 500 €/an sur un loyer mensuel de 900 € représente 13,9 % des revenus locatifs bruts annuels. Après impôt au régime réel, son impact est atténué si elle est déductible (voir section 4).

Asymétrie selon la commune

À caractéristiques de logement identiques, un propriétaire à Grenoble paie 3 fois plus de taxe foncière qu'un propriétaire à Paris. Intégrer cet écart dans l'analyse d'acquisition est indispensable.

Incertitude sur les hausses futures

Les communes ont de larges marges de manœuvre sur leur taux. Certaines prévoient des hausses pluriannuelles votées d'avance. Vérifiez les budgets primitifs communaux lors d'un achat.

Réforme des valeurs locatives (RVL) : une réforme profonde du calcul des valeurs locatives cadastrales est en cours depuis 2017. L'objectif est de remplacer les barèmes de 1970 par une approche basée sur les loyers de marché actuels. Les simulations réalisées dans les communes pilotes montrent des redistributions significatives : les logements anciens en hypercentre verraient leur VLC augmenter fortement, tandis que les logements récents en périphérie pourraient voir la leur baisser. La mise en œuvre nationale n'a pas encore de date définitive.

Section 3

La TEOM et sa récupération sur le locataire

La Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM) est prélevée avec la taxe foncière, mais elle est de nature différente : elle finance un service dont le locataire est le principal bénéficiaire. C'est pourquoi la loi permet au propriétaire de la lui refacturer intégralement.

Qu'est-ce que la TEOM ?

La TEOM est une taxe locale instituée par les communes ou les EPCI pour financer le service public de collecte et de traitement des déchets ménagers. Elle est calculée sur la même base que la taxe foncière (50 % de la VLC) mais avec un taux distinct, voté par la collectivité compétente.

Sur votre avis de taxe foncière, la TEOM apparaît comme une ligne distincte. Son montant représente en moyenne 15 à 25 % du total de l'avis, soit plusieurs centaines d'euros par an pour un appartement standard.

La TEOM peut être accompagnée d'une taxe annexe de balayage (TEOMB) dans certaines communes, et d'une part incitative calculée sur le volume ou le poids des ordures effectivement produites (TEOMI) dans les territoires qui ont opté pour cette tarification plus juste.

Dans les communes qui n'ont pas instauré la TEOM, le service des ordures ménagères peut être financé par la redevance d'enlèvement des ordures ménagères (REOM), directement facturée aux usagers et non récupérable dans les charges locatives au même titre.

La TEOM est récupérable intégralement sur le locataire

L'article 23 de la loi du 6 juillet 1989 et le décret du 26 août 1987 permettent expressément au bailleur de récupérer la totalité de la TEOM sur le locataire, dans le cadre des charges récupérables. Il s'agit d'une des rares composantes de la taxe foncière que le propriétaire peut légalement refacturer.

Ce qui est récupérable

  • Le montant principal de la TEOM (100 %).
  • Les taxes additionnelles à la TEOM le cas échéant.
  • La part incitative (TEOMI) si elle est individualisée.

Ce qui n'est PAS récupérable

  • La taxe foncière elle-même (hors TEOM).
  • La taxe de balayage (sauf exceptions contractuelles).
  • Les frais de gestion de la DGFiP ajoutés à l'avis.

Comment récupérer la TEOM concrètement ?

La récupération de la TEOM sur le locataire suit les règles des charges locatives récupérables. Elle peut être gérée de deux façons selon le régime de charges retenu dans le bail.

Charges au réel (provisions)

Le bailleur perçoit une provision mensuelle sur charges, puis régularise une fois par an. La TEOM de l'année N est répercutée lors de la régularisation, avec justificatif (copie de l'avis).

  • Joindre la copie de l'avis de taxe foncière avec la ligne TEOM isolée.
  • La régularisation peut intervenir dans les 12 mois suivant la réception de l'avis.
  • En cas de départ en cours d'année, proratiser au prorata du temps de présence.

Charges forfaitaires (meublé)

En bail meublé avec charges forfaitaires, la TEOM est normalement intégrée dans le forfait. Si ce forfait est manifestement sous-évalué, le bailleur ne peut pas demander de complément sauf à modifier le bail.

  • Le forfait est définitif : pas de régularisation possible en cours de bail.
  • Revoir le montant du forfait à chaque renouvellement si la TEOM a augmenté.
  • Conseil : opter pour des charges au réel si la TEOM est élevée dans votre commune.

Section 4

Exonérations et optimisation fiscale

Plusieurs dispositifs permettent de réduire, voire d'annuler, la charge de la taxe foncière. Certains sont automatiques, d'autres nécessitent une démarche active. Tous méritent d'être connus avant d'acheter ou de déclarer ses revenus locatifs.

Exonération logement neuf : 2 ans

Les constructions nouvelles, reconstructions et additions de construction bénéficient d'une exonération temporaire de taxe foncière sur les propriétés bâties pendant les 2 années suivant l'achèvement des travaux.

Pour en bénéficier, il faut déposer une déclaration de construction (formulaire H1 ou H2) auprès du centre des impôts fonciers dans les 90 jours suivant l'achèvement. Passé ce délai, l'exonération est perdue.

  • Valable pour les constructions à usage d'habitation principale ou locatif.
  • Démarche obligatoire (formulaire H1 pour maisons, H2 pour appartements).
  • La commune et l'EPCI peuvent prolonger l'exonération à 5 ans (logements anciens rénovés).
  • Exonération non applicable à la TEOM.

Exonération travaux énergétiques

Certaines communes accordent une exonération partielle ou totale de taxe foncière pour les propriétaires ayant réalisé des travaux d'amélioration de la performance énergétique (isolation, fenêtres, chauffage).

Cette exonération est optionnelle pour les communes : elle n'existe que si la délibération communale l'a instaurée. Elle peut porter sur 50 % ou 100 % de la taxe foncière, pendant 5 ans.

  • Travaux éligibles : isolation thermique des parois opaques, fenêtres double vitrage, VMC, pompe à chaleur, chaudière à haute performance.
  • Seuil minimum de dépenses : 10 000 € TTC sur l'année précédente.
  • Demande à déposer avant le 1er janvier de l'année d'application.
  • Logement construit avant le 1er janvier 1989 pour la plupart des dispositifs.

La déductibilité au régime réel : l'outil le plus puissant

La taxe foncière est une charge déductible des revenus locatifs au régime réel, que ce soit en location nue (revenus fonciers) ou en meublé non professionnel (LMNP au régime réel simplifié). C'est l'un des leviers d'optimisation les plus directs pour les bailleurs.

Location nue — Revenus fonciers

La taxe foncière (hors TEOM refacturée au locataire) est déductible des revenus fonciers bruts dans la déclaration 2044. La déduction réduit le revenu foncier net imposable, générant une économie d'impôt au taux marginal d'imposition du propriétaire (+ 17,2 % de prélèvements sociaux).

Exemple : taxe foncière de 1 200 €, propriétaire à 30 % de TMI. Économie d'impôt : 1 200 € × (30 % + 17,2 %) = 566 €.

Location meublée (LMNP réel)

En LMNP au régime réel, la taxe foncière est déductible en tant que charge d'exploitation dans la liasse BIC (formulaire 2031). Elle vient réduire le bénéfice imposable ou creuser un déficit reportable sur les revenus de même nature pendant 10 ans.

Point d'attention : en LMNP, la TEOM refacturée au locataire est comptabilisée comme produit et non comme charge nette — seule la part non récupérée est déductible.

Autres situations donnant droit à une exonération ou réduction

Logements vacants de longue durée

Dans les communes ayant instauré la taxe sur les logements vacants (TLV), les propriétaires dont le logement est vacant depuis plus d'un an sont taxés — mais peuvent demander une dégrèvement de taxe foncière si la vacance est involontaire (travaux, succession).

Zones de revitalisation rurale (ZRR)

Certaines communes classées en ZRR accordent des exonérations de taxe foncière pour les propriétaires qui investissent dans des logements destinés à attirer des actifs ou à soutenir l'activité économique locale.

Logements conventionnés Anah

Les propriétaires signataires d'une convention avec l'Anah (à loyer maîtrisé ou intermédiaire) peuvent bénéficier d'exonérations de taxe foncière dans certaines communes partenaires.

Bâtiments classés ou inscrits aux monuments historiques

Les propriétaires de bâtiments classés MH ou inscrits à l'ISMH sont exonérés de taxe foncière, sous conditions d'entretien et d'ouverture partielle au public.

Dégrèvement pour diminution de revenus

En cas de baisse de revenus significative (perte d'emploi, retraite), les propriétaires occupants peuvent demander un dégrèvement de taxe foncière sous conditions de ressources. Ce dispositif est peu connu mais accessible.

Erreur ou modification de la VLC

Si votre logement a été démoli partiellement, transformé, ou si la VLC comporte une erreur (surface erronée, catégorie mal classée), vous pouvez demander une révision de la base auprès du centre des impôts fonciers.

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